« Si un joueur ne pense qu’à la victoire, il ne gagne plus »

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Dans le magazine vestiaires de ce mois-ci, j’ai découvert un petit encart avec ce titre. Evidemment, que j’ai sauté dessus car cette phrase m’intéresse au plus haut point.

Ronan Lafaix, entraîneur de tennis et coach mental, relate : « En France, on pense encore que le champion va arriver un jour ou l’autre de nulle part, alors que ce sera avant tout le résultat d’un travail de fond. Le mental a besoin d’être travaillé dès le plus jeune âge et intégré dans l’entraînement. Il faut apprendre à se poser dans le sol, et arriver relâché de la tête aux pieds. Faire une introspection physique de toutes les tensions puis observer les pensées, sans les juger. Et il y en a alors de moins en moins qui arrivent… ».

Le mental se travaille comme le physique… 

Tout à fait d’accord sur le fait que le mental se travaille, et que ça doit commencer très tôt. Mais la manière de travailler le mental, va dépendre de la définition que l’on en fait. Pour moi, c’est la gestion de l’incertitude. La méditation et l’introspection peuvent convenir à certains joueurs, mais c’est insuffisant comme approche. L’objectif va être que le joueur se créer des convictions (factuelles) sur lui, son métier, son environnement, sa manière de préparer, de gérer les matchs…

Fabrice Midal, philosophe et grand spécialiste de la mindfulness, renchérit : « Un athlète de haut niveau exécute des choses merveilleuses parce qu’il arrive à s’oublier. S’il prend conscience de ce qu’il fait, ça se transforme en catastrophe. Demain, tous les grands sportifs se mettront à la méditation parce que ça va devenir indispensable. Notre monde est malade de la dictature de la performance et de la rentabilité. Or, si un joueur ne pense qu’à la victoire, il ne gagne plus. C’est même la meilleure façon de rater. Car ceux qui ont réussi sont finalement ceux qui ont appris à ne plus avoir peur de leurs peurs ».

Plusieurs remarques :

  • « S’il prend conscience de ce qu’il fait, ça se transforme en catastrophe ». Dans sa préparation, l’athlète doit avoir pleinement conscience de ce qu’il veut faire et comment il va faire. Il doit des avoir des objectifs de performances (qui ne dépendent que de lui) et des stratégies clairement définies. Une fois qu’il n’a plus d’incertitudes sur le « comment » il va jouer, il pourra alors s’exprimer pleinement. Il ne s’agit pas, que de méditer pour s’oublier. Il s’agit surtout d’avoir des objectifs clairement définis. Je n’ai pas dit d’avoir des convictions sur le résultat, car il est par définition incertain. C’est de se créer des convictions sur ce qui ne dépend que de lui.
  • « Notre monde est malade de la dictature de la performance et de la rentabilité ». Vouloir gagner et être performant, c’est normal pour tous sportifs, commerciaux ou entrepreneurs. Je dirais plutôt que notre monde est malade de vouloir gagner, en ne pensant qu’à gagner. Or, gagner n’est qu’une conséquence de ses actions. Il faut donc travailler sur le comment !
  • « Car ceux qui ont réussi sont finalement ceux qui ont appris à ne plus avoir peur de leurs peurs ». C’est un point essentiel : les champions ont appréhendé l’idée que pour gagner, il ne faut pas avoir peur de perdre.

La réalité, c’est que tous les sportifs veulent gagner ! Après, il faut travailler sur le comment et intégrer l’idée que « ne pas gagner » n’est pas grave. C’est juste une expérience qui me permettra d’être plus fort demain. « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends » Nelson Mandela

Bon WE.

GS

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